La police Ougandaise a livré sa version des faits après la diffusion d'une vidéo devenue virale montrant des hommes armés tirant en l'air au marché de Kisekka, au cœur de Kampala. Si les autorités assurent qu'il s'agissait d'une intervention légale, leur communication a provoqué une vague de réactions critiques sur les réseaux sociaux.
Dans un message publié mercredi 22 juillet sur X, la police indique que l'incident s'est produit le lundi 20 juillet vers 18 heures dans le secteur de Nakivubo, au centre-ville de Kampala.
Selon les autorités, une équipe de sécurité s'était rendue à Original Kiseka Spare Centre, au marché de Kisekka, afin d'interpeller des personnes soupçonnées d'infractions.
La police affirme que l'opération a été perturbée par un groupe de personnes qui aurait tenté d'empêcher les arrestations.
« Afin de disperser la foule devenue violente et de rétablir l'ordre, les agents ont tiré des coups de feu de sommation en l'air. La situation a ensuite été maîtrisée et deux suspects ont été arrêtés », explique la police Ougandaise.
Des interrogations sur les agents en civil
Cette version officielle n'a toutefois pas convaincu une partie des internautes, qui s'interrogent sur les méthodes employées par les forces de sécurité, en particulier sur la présence d'agents lourdement armés opérant en tenue civile.
L'un des internautes estime qu'il est difficile de parler d'opération sous couverture lorsque les agents circulent avec des fusils d'assaut.
« Si des agents en civil sont censés agir sous couverture, comment peuvent-ils prétendre l'être en portant des fusils comme ceux visibles dans la vidéo ? », s'interroge-t-il.
Un autre citoyen remet en cause la capacité du public à distinguer les forces de sécurité des criminels.
« En dehors des armes et de leur attitude souvent arrogante, qu'est-ce qui permet d'identifier ces hommes comme des policiers ou des agents légalement autorisés ? Que se passerait-il si un véritable braquage était confondu avec ce type d'opération ? », écrit-il.
Ces réactions relancent le débat en Ouganda sur les méthodes d'intervention des services de sécurité, quelques jours après que des images de cette fusillade ont suscité l'indignation de l'opposition, notamment de Robert Kyagulanyi (Bobi Wine), qui y voyait le symbole d'une dégradation du climat sécuritaire et du professionnalisme des forces de l'ordre.
Diddy Mastaki