L’ONG ASDI alerte : “la situation des déplacés qui ont fui les combats entre les FARDC et le M23 à Rusthuru nécessite une assistance humanitaire urgente”
Plusieurs mois après que les rebelles du mouvement du 23 mars-M23 soutenus par le belliqueux voisin rwandais ont entamé une série d’attaques contre les positions militaires gouvernementales dans le territoire de Rusthuru, au Nord-Kivu, plusieurs familles sont contraintes de rester loin de leurs foyers après avoir fui les combats.
Sur le terrain, plusieurs rapports font état d’une situation humanitaire catastrophique des déplacés dispersés dans différents sites, notamment en territoire de Rusthuru. Le manque de nourriture, l’accès difficile aux soins de santé primaires, la pénurie d’eau potable, la promiscuité et les défis qui l’accompagnent, sont parmi les principales difficultés auxquelles ces déplacés de guerre sont confrontés au quotidien.
Selon un rapport d’évaluation dans la perspective d’une aide humanitaire d’urgence effectuée le vendredi 14 octobre 2022 dans le camp des déplacés de Rwasa 2, par la Coordination de l’Action Sociale pour le Développement Intégral, ASDI/RDC, il ressort qu’il existe d’importants besoins humanitaires, particulièrement en ce qui concerne les déplacés, y compris des besoins énormes en produits alimentaires et non alimentaires.
Au terme de cette descente d’évaluation, M. Jacques Kaharha Mbueki, qui est le coordonnateur national de l’ONG ASDI/RDC, a dans la foulée insisté sur la nécessité d’apporter une aide humanitaire d’urgence. « Ils nécessitent une prise en charge alimentaire car ils sont dépourvus de tout, outre les vivres, ils n’ont pas des casseroles, bidons, assiettes, bassins et même des habits suffisants. La prise en charge sanitaire n’en parlons pas. Parmi eux, il y a des enfants qui méritent d’être dans des écoles pour étudier mais la journée d’inactivité. Mais aussi ce site qui les héberge doit être sécurisé » a-t-il fait savoir.
Aussi, pour réussir une telle tâche, a soutenu l’acteur humanitaire, le concours des uns et des autres s’avère indispensable. Des interventions logistiques et financières ainsi que la contribution du gouvernement congolais et de tous les travailleurs humanitaires sont nécessaires pour venir en aide à ces personnes vulnérables. Selon lui, pour faire face à une telle situation, qui concerne environ 7000 personnes, il faut disposer des moyens conséquents.
Le gouvernement, les ONG nationales et internationales, ainsi que les personnes de bonne volonté sont d’emblée sollicités car la vie de toutes les familles déplacées par la guerre mérite une attention particulière, à l’en croire.
Le territoire de Rutshuru abrite l’une des plus grandes populations de déplacés internes du Nord-Kivu et la plus importante de l’est de la République démocratique du Congo. De l’avis des travailleurs humanitaires, cette situation explique en partie la situation très critique qui s’observe sur place depuis l’occupation de la cité frontalière stratégique de Bunagana par les terroristes du M23.