Aux premières heures de ce lundi, plusieurs informations faisant état de la reprise des cours dans les zones occupées par les assaillants du M23 ont été largement relayées sur la toile. Cependant, d'autres sources locales sur le terrain à Rusthuru contredisent cette nouvelle, selon elles, les cours n'ont pas repris car plusieurs enseignants et apprenants ont fui vers des zones considérées comme relativement calmes et contrôlées par l'armée régulière.
"Contrairement au communiqué qui a circulé sur les réseaux sociaux appelant les écoliers et les enseignants à reprendre les cours dans la zone contrôlée par le M23 le lundi 5 décembre, aucune activité scolaire n'a eu lieu sur le territoire de Rutshuru", ont déclaré des sources concordantes à CONGORASSURE.CD.
Ces sources, qui ont préféré garder l'anonymat, affirment que toutes les écoles sont restées fermées malgré l'appel contenu dans un communiqué signé par le chef de la sous-division de l'enseignement primaire, secondaire et technique de la sous-division de Rutshuru I. D’après celles-ci, les écoles sont restées fermées.
Ces sources expliquent cette situation par le fait que la plupart des enseignants et des élèves ont changé d'environnement. Beaucoup ont pris la route de l'exode lors de la reprise des violences entre les forces loyalistes et les rebelles du M23, violences qui ont conduit à la chute de la majeure partie du territoire de Rutshuru aux mains des assaillants entre juin et octobre 2022.
Outre cette cause, CONGORASSURE.CD apprend également que de nombreux parents de certaines familles restées sur place émettent encore des réserves sur une éventuelle reprise des cours dans la zone en raison de la situation sécuritaire qui reste volatile dans cette partie contrôlée par le M23.
Cependant, d'autres continuent d'affirmer que les cours ont effectivement repris et que, rassurés par les combattants du M23, certains enseignants et élèves sont retournés à l'école. Ceci serait d'ailleurs possible car au soir de la chute du centre de Rutshuru et de la commune rurale de Kiwandja, la rébellion du M23, lors d'une conférence avec les leaders locaux, avait promis de mettre des enseignants à la disposition des apprenants de Rutshuru pour combler les vides laissés par ceux qui avaient déjà fui les affrontements vers des villages non touchés par la guerre.
En raison de ces contradictions, il est actuellement difficile de dire si les cours ont réellement repris. Du côté des autorités, tant au niveau provincial que national, jusqu'au soir de lundi, aucun officiel et encore moins, un représentant du secteur de l'éducation n'a confirmé ou infirmé la reprise des activités scolaires sur le territoire de Rusthuru.