La province de l’Ituri vient de franchir une nouvelle étape dans sa vision de développement énergétique et multisectoriel. Réunis ce mercredi 13 mai à Bunia, dans la salle de l’hôtel Kirikou, les représentants des divisions sectorielles, de la société civile et d’autres acteurs techniques ont validé les plans énergétiques provinciaux intégrés, inclusifs et multisectoriels couvrant la période 2026-2040.
L’annonce a été faite par Dieudonné Kasonia, secrétaire permanent du cadre de concertation de la société civile sur les ressources naturelles (CdC/RN), au terme de cette activité technique présentée comme une nouvelle approche de planification du développement provincial.
Selon lui, cette planification s’étend sur quinze ans et sera exécutée en trois phases successives : 2026-2030, 2031-2035 et 2035-2040.
« C’est un document de plaidoyer destiné à orienter les partenaires et investisseurs afin de booster le développement de l’Ituri », a expliqué Dieudonné Kasonia.
Le responsable de la société civile a indiqué que le plan place l’énergie au centre du développement de plusieurs secteurs stratégiques, notamment la santé, l’éducation, l’agriculture, l’industrie, les transports, l’éclairage public et les infrastructures.
D’après les projections présentées, l’Ituri aura besoin d’environ 10 milliards 500 millions de dollars américains pour la mise en œuvre de ce programme sur quinze ans. Pour la première phase, couvrant la période 2026-2030, les besoins sont estimés à 3 milliards 500 millions USD.
Pour assurer le suivi de cette stratégie, un comité multisectoriel sera mis en place. Celui-ci regroupera les services étatiques, les divisions sectorielles, les organisations de la société civile ainsi que d’autres acteurs locaux. Des structures similaires seront également installées au niveau des territoires et des entités territoriales décentralisées, notamment les chefferies, secteurs, communes et mairies.
Selon Dieudonné Kasonia, les énergies renouvelables constitueront une priorité dans cette nouvelle dynamique de développement.
Le secrétaire permanent du CdC/RN a également regretté que ce document, élaboré depuis 2018 dans le cadre préparatoire de la première table ronde sur l’énergie, n’ait jamais été officiellement adopté ni exploité par les autorités provinciales.
« Lors de la première table ronde, les investisseurs demandaient des statistiques précises et des documents d’orientation pour investir en Ituri. Ces outils n’existaient pas », a-t-il rappelé.
Après validation par les participants, les documents seront remis officiellement au gouverneur militaire de l’Ituri dès lundi prochain. Une deuxième table ronde des investisseurs est envisagée dans les trois mois afin de rechercher des financements et des partenaires de mise en œuvre.
Pour mobiliser les ressources nécessaires, Dieudonné Kasonia estime que la province devra capitaliser sur plusieurs mécanismes, notamment les partenariats miniers, les accords internationaux, l’appui des bailleurs de fonds ainsi que les opportunités offertes par les investissements dans les infrastructures.
Il a notamment évoqué la nécessité pour l’Ituri de mieux tirer profit de l’exploitation minière afin de financer les infrastructures énergétiques et de développement.
Le responsable de la société civile a enfin appelé les autorités provinciales, les partenaires techniques et financiers, les organisations citoyennes ainsi que les médias à contribuer aux efforts de plaidoyer et de mobilisation des ressources pour concrétiser cette vision de développement intégré.
Par ailleurs, il a indiqué que l’Ituri et le Lualaba serviront de provinces pilotes dans l’expérimentation de cette approche de planification énergétique intégrée et intersectorielle en République Démocratique du Congo.
Joël Heri Budjo