Les pêcheurs du lac Albert ont dénoncé la montée des tracasseries dont ils seraient victimes de la part de certains éléments de la force navale et des groupes armés, à l’issue d’une rencontre tenue à Tchomia autour de la gestion de cette ressource halieutique.
« Nous avons échangé avec les pêcheurs du lac Albert sur la gestion du lac, les tracasseries et les différentes taxes. Nous avons également restitué les démarches effectuées à Bunia où nous avons rencontré l’autorité provinciale », a déclaré Uzele Ungyertho Pascal, président de l’Association cohérente des pêcheurs de l’Ituri, connu sous le surnom d’Apostolo.
Selon lui, les pêcheurs ont signalé une augmentation des cas de tracasseries impliquant notamment des éléments de la force navale ainsi que des membres du groupe armé FRPI. Il affirme que certains pêcheurs seraient victimes d’extorsions, avec des cas de récupération forcée de matériels de pêche.
« Des militaires nous extorquent et récupèrent parfois nos matériels de pêche. Nous sollicitons l’implication du gouverneur de la province afin de trouver une solution durable », a-t-il indiqué.
Le président de l’Association cohérente des pêcheurs de l’Ituri a également appelé les pêcheurs à la patience en attendant la décision de l’autorité provinciale sur l’utilisation de certains filets de pêche, notamment les filets dits « saints ».
Il a par ailleurs plaidé pour que les services de sécurité présents sur le lac Albert cessent de s’emparer des poissons des pêcheurs, soulignant que ces pratiques affectent les moyens de subsistance des communautés riveraines.
« Nous demandons que la force navale ne récupère pas nos poissons et que les groupes armés cessent également ces pratiques. Les pêcheurs doivent pouvoir exercer leur activité dans la paix », a-t-il conclu.
Les pêcheurs du lac Albert demandent ainsi un encadrement renforcé de l’activité de pêche et une clarification des mesures applicables afin de garantir une exploitation durable et sécurisée des ressources halieutiques.
Joël Heri Budjo