Depuis près de deux semaines, plusieurs quartiers de la ville de Beni font face à une pénurie d’eau potable. Une situation particulièrement préoccupante dans un contexte marqué par la maladie à virus Ebola, alors que l’accès à l’eau constitue un élément essentiel de l’hygiène et de la prévention des infections.
À Beni, l’accès à l’eau potable devient de plus en plus difficile pour de nombreux habitants. Depuis près de deux semaines, aucune goutte d’eau potable ne coule des robinets dans plusieurs quartiers de la ville, selon des témoignages recueillis auprès de la population.
Cette pénurie intervient alors que la ville fait face à une situation sanitaire préoccupante liée à la maladie à virus Ebola (MVE). Pour les habitants, la difficulté d’accéder à cette ressource vitale complique davantage leur quotidien et rend plus difficile l’application des mesures d’hygiène recommandées.
« Ça nous fait du mal à vivre », ont déclaré certains.
Dans les rues de Beni, la recherche de l’eau est devenue une préoccupation quotidienne.
Rencontrée dans la rue de Malepe, une habitante déplore le manque de communication et l’absence, selon elle, d’une réponse urgente des autorités.
« Nous ne comprenons pas comment la population peut aller jusqu’à plus d’une semaine sans eau, mais aucune communication n’est faite par les autorités, moins encore une intervention d’urgence pour décanter la situation. Ça nous fait du mal à vivre », a-t-elle dit.
Pour plusieurs familles, il ne s’agit plus seulement d’un problème de confort, mais d’une difficulté qui touche directement les besoins essentiels : boire, cuisiner, se laver et assurer les tâches ménagères.
Des habitants se tournent vers les eaux de ruissellement
Face à cette pénurie, certains habitants sont contraints de chercher de l’eau dans des sources dont la qualité n’est pas garantie.
Neema, une habitante interrogée, explique avoir recours à l’eau de la rivière Kibakanga pour certains besoins domestiques.
« On ne sait plus comment avoir de l’eau. Je me ressource ici dans la rivière Kibakanga pourvu que je réponde à certains besoins en eau de la maison », déplore-t-elle.
Elle décrit également les difficultés rencontrées par sa famille pour économiser les réserves disponibles.
« Les hommes font deux à trois jours sans un bon bain pour économiser le peu que nous avons dans la maison, l’eau de Kanyamukunyu qui nous aide pour boire », dit-elle.
Le recours à des eaux de surface ou de ruissellement pour la consommation et les usages domestiques expose les populations à des risques sanitaires, notamment lorsque ces eaux ne sont pas traitées ou ne répondent pas aux normes de potabilité.
Une situation préoccupante en période d’Ebola
La pénurie d’eau intervient dans un contexte où l’hygiène et l’accès à l’eau sont particulièrement importants pour la prévention des infections.
Le manque d’eau peut compliquer des gestes essentiels tels que le lavage régulier des mains, le nettoyage des espaces domestiques et l’entretien des installations sanitaires.
Dans ces conditions, les habitants redoutent que la situation ne complique davantage l’application des mesures de prévention contre Ebola.
Au-delà de la maladie à virus Ebola, la consommation d’eau provenant de sources non sécurisées peut également exposer les populations à d’autres maladies liées à l’eau et à l’assainissement.
Une réponse urgente attendue
Face à cette situation, la population de Beni attend des autorités et des services compétents une réponse rapide, mais aussi une communication claire sur l’origine de la panne ou de la rupture d’approvisionnement et sur les mesures envisagées pour rétablir durablement la desserte en eau potable.
Dans une ville confrontée à une urgence sanitaire, l’accès à l’eau potable ne peut être considéré comme une question secondaire. Pour les habitants, chaque jour supplémentaire sans eau accroît les difficultés et complique davantage le respect des mesures d’hygiène.
À Beni, l’urgence sanitaire et la crise d’accès à l’eau se retrouvent ainsi étroitement liées : rétablir l’eau potable devient une nécessité immédiate pour protéger les populations.
Diddy Mastaki