À Bukavu, la décision de délocaliser les sinistrés des incendies ne laisse pas indifférentes les organisations féminines. Le caucus des femmes du Sud-Kivu appelle à un dialogue avec les victimes des incendies avant toute opération de délocalisation. L’organisation estime que leurs préoccupations doivent être prises en compte afin d’éviter une aggravation de leurs conditions de vie.
Le caucus des femmes propose la mise en place d’un cadre d’échange réunissant les sinistrés, la société civile, les organisations féminines et les médias.
Selon Solange Lwashiga, secrétaire exécutive de cette organisation, cette démarche permettrait aux victimes de comprendre les raisons de la mesure envisagée et d’exprimer leurs préoccupations.
« On ne peut pas déplacer des familles qui viennent de tout perdre dans un incendie sans les écouter. Nous demandons aux autorités de dialoguer d'abord avec elles. Il faut qu'elles comprennent pourquoi on veut les délocaliser et qu'elles disent où et comment elles veulent vivre », a-t-elle déclaré.
L’organisation insiste également sur l’évaluation des conditions de vie sur les sites d’accueil et sur la nécessité d’indemniser les victimes avant leur déplacement. Elle privilégie une démarche participative, notamment à travers des séances de sensibilisation dans les quartiers concernés.
Pour rappel, lors d’une réunion d’évaluation tenue le 06 octobre au gouvernorat du Sud-Kivu, le Vice-Gouverneur chargé des questions politiques et administratives, Dunia Masumbuko Bwenge Doux, a rappelé que le délai de trente jours accordé aux occupants concernés approchait de son terme.
Les autorités poursuivent l’identification des sites et des ménages concernés. Selon le gouvernorat, cette opération vise à lutter contre l’occupation désordonnée de l’espace urbain et à réorganiser son aménagement.
Rédaction