La République démocratique du Congo a réaffirmé sa position de fermeté sur la question de l’accès à ses minéraux critiques, en liant toute coopération stratégique à des avancées concrètes sur le plan sécuritaire. Le message a été porté à Washington par le ministre congolais des Mines, Louis Watum Kabamba, lors de la table ronde ministérielle consacrée aux chaînes d’approvisionnement en minéraux stratégiques.
En marge de ces travaux, le ministre a eu un entretien bilatéral avec Jacob S. Helberg, sous-secrétaire d’État américain chargé des Affaires économiques, au siège du Département d’État. Cette rencontre a permis d’aborder en profondeur les conditions politiques et sécuritaires que Kinshasa estime indissociables de toute discussion sur l’exploitation et l’accès aux ressources minières stratégiques du pays.
Selon Louis Watum Kabamba, la RDC ne peut envisager un partenariat durable autour de ses minerais critiques sans le retrait effectif des troupes rwandaises et des groupes armés affiliés à l’AFC/M23 des zones actuellement occupées dans l’est du pays. Le ministre a insisté sur la nécessité de restaurer la paix et la sécurité dans ces territoires, condition préalable à toute exploitation responsable et sécurisée des ressources naturelles.
Pour Kinshasa, la stabilité sécuritaire constitue un prérequis non négociable à la transparence des chaînes d’approvisionnement, à la protection des populations locales et à la crédibilité des engagements internationaux en matière de gouvernance minière. Le ministre a rappelé que les richesses minières de la RDC ne sauraient être dissociées des réalités humaines et sécuritaires sur le terrain.
Cette prise de position intervient dans un contexte de forte compétition géoéconomique mondiale autour des minéraux critiques, essentiels à la transition énergétique et aux industries de haute technologie. La RDC, qui détient une part stratégique des réserves mondiales de cobalt, de cuivre et d’autres minerais clés, entend désormais faire valoir son levier souverain dans les discussions internationales.
En conditionnant l’accès à ses ressources à des avancées sécuritaires tangibles, Kinshasa envoie un signal politique clair à ses partenaires : la coopération minière doit s’inscrire dans une logique de paix durable, de respect de la souveraineté nationale et de responsabilité régionale.
Diddy Mastaki