La décision du ministère de l'Enseignement Supérieur, Universitaire, Recherche Scientifique et Innovations. (ESURSI) de suspendre les activités académiques dans les établissements publics de Goma et de Bukavu provoque des réactions dans l’opinion congolaise.
Pour certains acteurs, cette mesure soulève de sérieuses interrogations sur la responsabilité de Kinshasa à l’égard des populations vivant dans les deux principales villes du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, aujourd’hui affectées par le conflit armé.
Dans une réaction particulièrement virulente, un intervenant estime que la suspension des activités universitaires revient à abandonner les étudiants et, plus largement, les populations de Goma et de Bukavu dans un contexte où ces territoires sont sous le contrôle de l’AFC/M23.
Il va jusqu’à accuser le pouvoir central de participer à un « complot visant à la balkanisation » de la République démocratique du Congo.
« Cette mesure signifie tout simplement que nos frères et sœurs vivant à Goma et à Bukavu, notamment les étudiants, sont abandonnés aux mains des rebelles de l’AFC/M23 », dénonce-t-il.
L’auteur de cette réaction appelle ainsi le gouvernement à revenir immédiatement sur l’arrêté ministériel. Il dénonce ce qu’il considère comme une décision relevant de « l’amateurisme » et demande aux autorités de prendre davantage en compte les conséquences de la mesure sur les populations concernées.
« Il est temps de mettre fin à l’amateurisme. S’il vous plaît, ayez pitié des Congolais ! », lance-t-il.
La suspension des activités académiques intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement sensible dans l’Est du pays. Elle ouvre désormais un nouveau débat sur la continuité du service public de l’enseignement supérieur dans les zones affectées par le conflit et sur les responsabilités respectives des autorités nationales et des acteurs contrôlant effectivement ces territoires.
À ce stade, l’accusation de « complot visant à la balkanisation » relève de la position de son auteur et ne constitue pas, en elle-même, un fait établi.
Diddy Mastaki