Les déclarations concernant l’impact de l’état de siège se multiplient au sein de la classe politique congolaise, surtout celles des députés élus des circonscriptions où le dispositif sécuritaire est de rigueur.
Le député provincial du Nord-Kivu et élu du territoire de Beni, Saidi BALIKWISHA, estime que l’état de siège doit se faire sentir par des offensives majeures contre les groupes armés, afin de détruire complètement leur capacité de nuisance. Pour cet élu dune des zones les plus instables de la République, l’armée doit montrer qu’elle a la ferme volonté de mettre fin aux massacres.
Par ailleurs, le député provincial indique que rien ne vaut le bien-être de la population, appelant ainsi ses honorables collègues à privilégier la volonté du peuple, « nos émoluments, nos immunités, nos honneurs, ne valent rien quand notre population est massacrée et harcelée depuis des années », a-t-il dit.
Cependant, Saidi BALIKWISHA a déclaré que la frustration d’une certaine partie de la population provient du fait que « trois mois après l’instauration de l’état de siège au Nord-Kivu et en Ituri, la situation sécuritaire ne fait qu’empirer », a-t-il dit, faisant référence aux récentes attaques dans des villages tels que Bulongo, Irungu, Mayimoya et Chanichani.
« Certains soldats se considèrent comme des petits présidents et se livrent à des harcèlements, alors que l’armée devrait en principe rester ouverte à tous, y compris aux députés provinciaux, aux chefs traditionnels, aux acteurs de la société civile et à bien d’autres personnes », a-t-il insisté.
Le député provincial Saidi BALIKWISHA a aussi proposé une évaluation de l’état de siège afin de découvrir ses forces et faiblesses afin de changer ce qui peut l’être. « Je suis pour un état de siège offensif pour la paix au Nord-Kivu et en Ituri et j’accepte de vivre sans émoluments, sans immunité, sans honneur si c’est une solution pour la sortie de crise », a déclaré le député provincial élu de Beni.
Il faut noter que 85 jours après son instauration dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, le bilan de l’état de siège est plutôt moins rassurant, selon plusieurs acteurs politiques et organisations de défense des droits de l’homme.
Dans un communiqué publié par le Centre d’étude pour la promotion de la paix, la démocratie et les droits de l’Homme (CEPADHO) le lundi 26 juillet 2021, cette organisation de défense des droits de l’Homme dresse un tableau sombre d’une quarantaine des civils massacrés en dix jours, portant à plus de 500 le nombre des civils tués depuis l’instauration de l’état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.
Par Nicole Lufungi, Nord-Kivu.