Le député provincial et vice-président de l’assemblée provinciale du Nord-Kivu, Jean Paul Lumbulumbu, estime qu’après tout ce temps depuis l’instauration de l’état de siège au Nord-Kivu et en Ituri, avec des résultats mitigés, il est temps que le dispositif soit levé.
« Quatre-vingts jours après l’instauration de l’état de siège sans résultats, il faut s’assumer et demander au Président de la République de supprimer l’état de siège », a déclaré l’élu du Nord-Kivu, à son retour de Kinshasa, où il a rencontré les présidents des deux chambres du parlement et plusieurs autres membres de l’exécutif national.
En effet, comme le député Lumbulumbu, de plus en plus des voix s’élèvent contre le format actuel de ce dispositif sécuritaire entré en vigueur depuis le 6 mai dernier. Les uns sont moins radicaux et demandent une évaluation de l’assemblée nationale avant une autre prorogation tandis que d’autres appellent au renforcement des opérations sur terrain.
C’est le cas notamment de Clovis Mutsuva, membre du mouvement citoyen de Lutte pour le Changement (Lucha), qui dit ne pas ressentir la rigueur de l’état de siège dans la restauration de l’autorité de l’État au Nord-Kivu et en Ituri. « Les assaillants tuent la population jour et nuit. Les autorités doivent montrer leur volonté de ramener la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo », a déclaré le jeune activiste.
Néanmoins, plusieurs autres personnes gardent espoir au vu des centaines des miliciens des groupes armés locaux qui ont décidé de déposer les armes au Nord-Kivu et en Ituri. Selon les « repentis » c’est pour répondre à l’appel du chef de l’État Félix Tshisekedi qui compte pacifier la région.
Pour Laurent Mugiraneza, avec la volonté de ces groupes de participer au processus de paix, il est juste de dire que les FARDC n’ont plus que les ADF/MTN comme ennemi majeur. « Nous appelons les forces loyalistes à traquer l’ennemi ADF jusqu’à son dernier bastion, et nous appelons également les groupes rebelles locaux qui restent encore dans la brousse à se rendre, car la RDC a encore besoin d’eux » a déclaré ce notable du Nord-Kivu et analyste politique indépendant.
Par Enoch David, Nord-Kivu.