RDC : Le député Alexandre Muhasa propose la suspension de l’état de siège dans son format actuel
Pour le député national Alexandre Kambale Muhasa, élu de Lubero au Nord-Kivu, il est crucial que l’état de siège, qui ne produit pas la force escomptée, soit revu dans son format actuel afin de le rendre plus efficace lorsqu’il sera réintroduit, après des préparatifs préalables.
Selon lui, dès son décollage, l’état de siège a connu deux erreurs majeures, notamment celle de l’absence ou de la mauvaise planification de sa mise en œuvre ainsi que l’ignorance des contours de ce dispositif sécuritaire par l’armée appelée à diriger et la population.
« Il n’y a pas de chronogramme. Le retard d’un mois encaissé pour le déploiement des animateurs de l’état de siège après leur nomination en est la preuve » déplore le député du Nord-Kivu, pour qui 90 jours après la proclamation de l’état de siège, il n’ y a eu aucune offensive des Fardc contre les Adf. « Notre armée demeure dans la défensive » regrette t-il.
Aussi, comme autre faux pas, le député Muhasa énumère le fait que les moyens n’ont pas suivi la proclamation de l’état de siège. « Les militaires au front restent dans les mêmes conditions de vie qu’ils avaient avant l’état de siège », dit-il, avant de souligner que l’utilisation même de l’armée dans l’administration est une mesure en décalage avec le flou qui entoure les effectifs réduits de l’armée.
En outre, le député national affirme que la population est surprise par les résultats obtenus près de 100 jours après, alors qu’elle pensait que l’état de siège était une force qui allait facilement balayer les massacres et toute autre violence dans les zones ciblées. « Malheureusement, la situation reste la même et s’aggrave, car les massacres et les incendies de véhicules s’étendent à des zones qui étaient autrefois relativement calmes » déclare-t-il, sous entendant son désarroi.
Concernant les chefs militaires et policiers désignés pour diriger les différentes entités durant cette période, Alexandre Kambale dit constater que certains militaires affectés dans les deux provinces en état de siège sont malheureusement plus impliqués dans la fiscalité que dans la recherche de la paix.
Sur ce, l’élu national se demande en quoi l’état de siège constitue une mesure hautement exceptionnelle alors qu’il ne produit qu’un résultat du crochet. « Le char d’assaut qui produit le résultat de l’AK47 perd son sens », lâche-t-il.
Alexandre Kambale conclut en proposant, au delà de la suspension de l’état de siège dans son format actuel, la circonscription de l’état de siège dans les zones de Beni, Irumu et Djugu, pour permettre aux militaires de se concentrer sur les opérations, affirme-t-il.
Par Lwanzo Kasoki