RDC : « La situation sécuritaire s’est aggravée depuis l’instauration de l’état de siège au Nord-Kivu et en Ituri » (Promesse Matofali)
Le député provincial du Nord-Kivu Promesse Matofali se dit très contrarié de voir les prorogations de l’état de siège accordées et votées alors que le résultat sur le terrain ne satisfait personne.
Dans une interview accordée à la presse, l’élu de Butembo a donné son avis sur les effets de l’état de siège, épinglant ce qu’il pense être les différents échecs du dispositif sécuritaire.
« Je me demande pourquoi les députés nationaux peuvent continuer à voter et à accepter la prorogation de cet état de siège. Aujourd’hui,la criminalité urbaine, les massacres, les kidnappings ont pris une ampleur considérable dans les villes de Goma, Butembo et Beni. Regardez vous même depuis que l’état de siège a été décrété au moins 553 personnes ont été tuées dans ces deux provinces » a-t-il dit, avant d’insister qu’il est impératif que la façon de combattre l’ennemi soit revue par les hautes instances.
Promesse Matofali Yonama a également souligné que l’économie de la province du Nord-Kivu est également touchée avec l’enregistrement de plusieurs cas de véhicules brûlés par les rebelles de l’ADF. « L’économie de la province a été terriblement affectée par les attaques et incendies répétés contre les véhicules des opérateurs économiques. Il est urgent de prendre de bonnes mesures qui peuvent donner de bons résultats sur le terrain » a ajouté l’élu du Nord-Kivu.
Les deux chambres du parlement ont accordé leur feu vert pour une cinquième prorogation de l’état de siège au Nord-Kivu et en Ituri, où le dispositif est instauré par décret présidentiel depuis le 6 mai 2021.
Cette prorogation de plus s’est faite sur fond des demandes répétées de plusieurs élus et structures non gouvernementales de la région, appelant à une évaluation avant toute autre décision. Chose qui a été promise par le Président de l’assemblée basse du parlement, assurant que la commission Défense et sécurité de l’assemblée nationale allait se pencher sur la question.
Par Enoch David