« Plus de 600 civils tués en 116 jours et plusieurs autres kidnappés, il est impératif et urgent de recadrer l’état de siège » (député JB Kasekwa)
Le député national Jean Baptiste Muhindo Kasekwa dénonce la « précipitation » de la 7e prorogation de l’état de siège sans examen préalable et adoption en plénière du rapport d’évaluation à mi-parcours.
L’élu national estime qu’à la suite des révélations accablantes recueillies lors de l’audition des ministres concernés au sein de la Commission Défense et Sécurité dans le cadre de l’évaluation à mi-parcours de l’état de siège, il est clair que la persistance des tueries et des enlèvements dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu est le résultat de graves malversations financières ainsi que de diverses défaillances flagrantes auxquelles il convient d’apporter des réponses correctives et d’établir les responsabilités sans délai.
Pour étayer ses propos sur l’inefficacité criarde de la conduite des opérations sous le format actuel de l’état de siège, le député national indique qu’au cours de la seule 6e prorogation, plusieurs cas de tueries et d’enlèvements ont été enregistrés dans le territoire de Beni, s’ajoutant au bilan de plus de 553 personnes tuées depuis le 6 mai 2021.
« Le 17/8, à Pongopongo-Tsanitsani : 7 civils tués et 3 kidnappés ; Dans la nuit du 19/8 au 20/8, dans le village de Katanda / groupement Isale Vulambo : 9 civils tués, plusieurs disparus et des maisons incendiées ; Le 24/8, à Pwenti / Oicha : 2 femmes enlevées puis retrouvées mortes le 26/8, et un pygmée tué ; Le 26/8, à Kainama : 5 corps retrouvés en putréfaction ; Le 27/8 dans le village de Kasanzi / Kithovo (secteur Rwenzori) : 19 morts ; Le 28/8 à Mambelenge : 18 kidnappés dont 10 ont été libérés ; Le 28/8 dans le quartier Kekelibo / Oicha : 3 civils tués, 2 disparus, 3 maisons incendiées et plusieurs chèvres emportées », énumère Jean Baptiste Kasekwa. Pour lui, il est « impératif qu’un recadrage urgent de l’état de siège soit fait au regard d’un tel bilan macabre ».
Par ailleurs, le député national, élu du Nord-Kivu, a exprimé son étonnement dans une lettre adressée au président de l’assemblée nationale, Christophe Mboso, l’accusant de convoquer une séance plénière pour la 7e prorogation de l’état de siège sans inviter au préalable tous les députés nationaux à prendre connaissance et à décider de la suite à donner aux conclusions des travaux de son évaluation.
« Cette attitude est de nature à exaspérer davantage la population longtemps martyrisée et à l’inciter à des manifestations de protestation inopportunes. C’est pourquoi j’invite le Bureau de l’Assemblée nationale à sortir de sa léthargie concernant l’évaluation de l’état de siège en convoquant d’urgence une séance plénière pour présenter et examiner le rapport de la Commission de Défense et de Sécurité afin d’exiger du Gouvernement des mesures conséquentes pour recadrer la situation sans aucun délai. Agir autrement équivaudrait à une non-assistance à population en danger de la part du Bureau», a-t-il écrit.
Il convient de noter que dans le même chapitre de l’évaluation de l’état de siège, la Commission Défense et Sécurité a obtenu ce lundi un délai supplémentaire de sept jours pour auditionner l’Inspecteur Général des Finances, ainsi que ceux des FARDC et de la police.