Beni : Insécurité urbaine, des structures de la société civile demandent à l’armée d’organiser des patrouilles conjointes avec les chefs de base
La recrudescence des cambriolages nocturnes dans la ville de Beni inquiète. Face à la persistance de cette nouvelle forme d’insécurité, le Forum de la paix recommande aux autorités urbaines d’intégrer les chefs de base dans les patrouilles nocturnes afin de renforcer la collaboration civilo-militaire.
Pour le Forum de la Paix, il serait préférable de lever le couvre-feu instauré à Beni car cette mesure ne semble pas atteindre les résultats escomptés. « La prolifération des cas des vols nocturnes ainsi que la forte augmentation de l’insécurité urbaine remettent en cause l’efficacité du couvre-feu instauré depuis la mise en place de l’état de siège », note-t-il.
Tout en appelant la population de Beni à la vigilance, le Forum de paix a également recommandé au comité de sécurité urbaine « d’intensifier les opérations de bouclage tout en restant objectif et sans harceler la population civile ».
Outre cette structure, la société civile de Beni a également formulé des recommandations pour améliorer la situation sécuritaire dans la ville. Par la voix de son président, cette structure a demandé aux autorités militaires de «procéder à l’identification systématique de tous les soldats blessés de guerre vivant dans la communauté et de les évacuer ensuite vers leurs lieux d’origine, afin de limiter les problèmes au sein de la société », a déclaré son président, Pepin Kavotha, à l’issue d’une réunion avec l’autorité urbaine. Il faut noter que la ville de Beni accueille régulièrement des soldats blessés qui parviennent malheureusement à passer de longs mois voire des années dans la ville après avoir reçu des soins palliatifs à l’hôpital général de référence de Beni.
Le général Sylvain Ekenge, porte-parole du gouverneur militaire, a déclaré que l’armée mettra en œuvre des nouvelles stratégies pour mettre fin à la recrudescence des vols de nuit à Beni. Ces stratégies comprennent le renforcement des patrouilles motorisées et pédestres, l’intensification des opérations de bouclage et de recherche et une collaboration étroite avec la population civile.
Par Nicole Lufungi, Beni.