Ituri : L’ancien gouverneur Abdallah Penembaka a discuté de la situation sécuritaire avec le gouverneur militaire
La chambre basse du parlement congolais a prorogé pour la septième fois consécutive l’état de siège dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu. L’ancien gouverneur de l’Ituri Abdallah Penembaka estime que ce moment est décisif pour atteindre les objectifs fixés dans la restauration de la paix dans cette partie du pays.
Reçu ce mardi par le gouverneur militaire de l’Ituri, il s’agissait pour cet ancien et premier gouverneur de l’Ituri d’exprimer son soutien aux dirigeants de l’état de siège mais aussi d’apporter sa pierre en partageant quelques recommandations avec l’actuel chef de l’exécutif provincial afin que l’Ituri retrouve la paix.
Abdallah Penembaka a souligné qu’il y a longtemps que l’Ituri a besoin de « cette denrée rare qu’est la paix » et tout le monde devrait mettre la main à la pâte. « Il ne faudrait pas qu’il y ait d’un côté des acteurs et de l’autre des observateurs », a-t-il déclaré.
Le gouverneur honoraire a recommandé à l’autorité provinciale d’intensifier les opérations militaires comme une première piste de solution à la situation sécuritaire actuelle à côté de cela, il a soulevé les problèmes ethnocentriques et psychologiques entre les communautés et entre les individus. Il soutient que malgré les opérations militaires, des dialogues entre les villages et entre les gens soient organisés pour rétablir l’autorité de l’état sans oublier l’aspect judiciaire et la réparation pour les victimes.
Abordant la question relative au processus DDRC-S, M. Penembaka considère que c’est un programme important pour les groupes armés locaux. « C’est tout un programme, il faut éviter de donner des solutions conjoncturelles aux problèmes de l’Ituri, il faut des solutions structurelles et ces solutions doivent prendre même 50 ans. Donc c’est un travail qui demande à la République de s’investir et aussi d’investir beaucoup de moyens ».
C’est sous le règne du gouverneur Abdallah Penembaka qu’avaient débuté les exactions dans le territoire de Djugu. Et dès son arrivée en 2015, après le démembrement des provinces, il avait demandé un fonds au gouvernement de la République pour soutenir les dialogues permanents et autres programmes pouvant contribuer à la cohabitation pacifique entre les Ituriens afin d’éviter une nouvelle crise. Malheureusement un projet mal interprété par les leaders d’opinion de l’époque, regrette-t-il.
Il explique avoir toujours prôné le renforcement de l’autorité de l’Etat dans les différentes entités de l’Ituri afin d’espérer maîtriser la situation de cette province.
Par Marcus Jean Loika, Ituri