Dialogue pour la paix initié par les autorités militaires à Beni : un élu provincial surpris, estime que cette démarche est inopportune
Le député provincial Jean Paul Ngahangondi, élu au Nord-Kivu, n’a pas caché sa surprise jeudi après l’annonce par l’armée d’un projet de dialogue pour la paix à Beni.
L’élu provincial a dans un message partagé sur la toile, avoué ne pas comprendre comment et dans quel but les opérations militaires contre les ADF ont été transformées en un dialogue pour la paix à Beni par les autorités militaires.
« Finalement qui seront les interlocuteurs dans ce fameux Dialogue ? Les soi-disant djihadistes islamistes seront-ils également impliqués ? Quels sont les termes de référence ? » s’est interrogé Jean Paul Ngahangondi, estimant que tout cela vise à justifier la dilapidation de l’argent du contribuable que l’État alloue à la pacification de Beni.
En revanche, le député soutient mordicus que le problème sécuritaire de Beni n’a pas deux ou trois solutions : « La solution reste les opérations militaires à grande échelle contre ces criminels nés. Il faut ramener la guerre à l’ennemi (offensive) et non la défensive à laquelle nous assistons et encore moins le dialogue. »
Il affirme également que l’une des solutions, en lieu et place d’organiser un dialogue dont les contours demeurent jusqu’à l’heure flous, il serait préférable de mettre l’armée dans de bonnes conditions et de donner les moyens nécessaires aux hommes des troupes engagées au front, « Vous verrez le miracle que notre armée produira sur terrain dans peu des jours » a déclaré M.Ngahangondi.
Et de poursuivre que : « Pour une guerre contre les terroristes, on ne peut pas organiser un dialogue entre les victimes d’atrocités comme si ces victimes étaient elles-mêmes des bourreaux. »
Au Nord-Kivu, les autorités militaires ont annoncé mercredi dans la ville de Beni, un dialogue dénommé « Mazungumuzo kwa amani-Beni ou dialogue pour la paix à Beni». Le porte-parole du gouverneur militaire a expliqué que cette démarche s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie de stabilisation et vise essentiellement à renouer les liens qui se sont quelque peu distendus entre l’armée et les populations des zones touchées par les massacres.