Loin d’être satisfaite des réponses du ministre de l’Agriculture sur l’utilisation de 57 millions de dollars destinés à l’entrepreneuriat agricole des jeunes, la députée Bolumbe Bakando annonce une motion de défiance. Elle affirme avoir déjà recueilli plusieurs signatures.
Le débat parlementaire pourrait déboucher sur une mise en cause du ministre de l’Agriculture. À l’issue d’une question orale avec débat adressée à Muhindo Nzangi, la députée nationale Bolumbe Bakando a annoncé son intention de déposer une motion de défiance dès le lendemain de la séance. L’élue, qui juge les explications du ministre insuffisantes, assure avoir obtenu le soutien de plusieurs collègues.
« Le ministre n’a répondu à aucune de mes préoccupations », a-t-elle dénoncé dans sa conclusion en plénière. Selon elle, le report de la séance, qui devait permettre au membre du gouvernement de préparer ses réponses, n’a pas permis de clarifier la gestion des fonds au cœur de son interpellation.
Des comptes demandés sur 57 millions de dollars
Les questions de Bolumbe Bakando portent sur le projet d’entrepreneuriat des jeunes dans l’agriculture et l’agro-business, financé par la Banque africaine de développement (BAD) et clôturé en décembre 2025. Selon les chiffres avancés dans son interpellation, les décaissements, qui atteignaient 29,6 millions de dollars en juin 2025, s’élèvent désormais à 57 millions.
À quoi cet argent a-t-il servi ? L’élue réclame un bilan concret. Le nombre de jeunes formés, celui des bénéficiaires ayant obtenu un financement, ainsi que le nombre d’entreprises légalement constituées à la sortie des centres d’incubation.
Elle demande également si l’État a versé sa contrepartie d’un million de dollars et quels effets le programme a produits dans les provinces pilotes. Au-delà des sommes décaissées, c’est donc la traduction des financements en activités économiques et en résultats sociaux qu’elle entend examiner.
Une alerte présumée, des accusations à documenter
Pour appuyer ses critiques, Bolumbe Bakando a évoqué une note du directeur de cabinet du chef de l’État qui aurait alerté Muhindo Nzangi, avant le débat parlementaire, sur un détournement présumé de 57 millions de dollars.
« Il faudrait que cette hémorragie s’arrête », a lancé l’élue. Rappelant que Muhindo Nzangi est lui-même député national, elle a estimé qu’il devait « prêcher par l’exemple ».
L’affrontement pourrait désormais se prolonger sur le terrain de la responsabilité politique. À ce stade, le dépôt de la motion reste annoncé. Les signatures évoquées par Bolumbe Bakando ne permettent de préjuger ni de son examen ni de son issue.
La Rédaction