Le Bureau conjoint des Nations-Unies aux droits de l’homme (BCNUDH) a signalé une hausse de cas de violations des droits humains en décembre 2025 en République Démocratique du Congo, principalement dans les provinces touchées par les conflits armés dans l’Est du pays.
Dans un communiqué publié récemment, le BCNUDH indique avoir documenté 607 cas de violations et atteintes aux droits humains durant ce mois, soit une augmentation de 12 % par rapport à novembre 2025, où 542 cas avaient été recensés.
L’Est du pays reste l’épicentre des violations
Selon le rapport, 92 % des violations ont été enregistrées dans les provinces affectées par les conflits armés, notamment au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et en Ituri. Le Nord-Kivu arrive en tête avec 383 cas de violations, suivi du Sud-Kivu (121) et de l’Ituri (33).
Le BCNUDH souligne que 75 % des violations sont imputées aux groupes armés, parmi lesquels l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23), les Forces Démocratiques Alliées (ADF), des groupes Maï-Maï ainsi que les Nyatura.
Les agents de l’État seraient responsables d’environ 25 % de cas de violations documentés, principalement des éléments des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et de la Police nationale Congolaise (PNC).
Forte hausse des violences sexuelles liées aux conflits
Le BCNUDH indique également avoir recensé 67 cas de violences sexuelles liées aux conflits, touchant 147 victimes, dont 102 femmes et 45 filles. Ce chiffre représente une hausse de 62 % par rapport au mois précédent.
La majorité de ces violences ont été enregistrées dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri. Les groupes armés seraient responsables de 78 % des victimes recensées, tandis que des agents étatiques, notamment des membres des FARDC, sont également cités dans plusieurs cas.
Atteintes à l’espace civique
Le rapport fait également état de 28 cas de violations liés à l’espace civique, ayant fait 62 victimes. Ces incidents ont été enregistrés dans plusieurs provinces, notamment au Sud-Kivu, à Kinshasa, dans le Lualaba, le Kongo-Central, le Haut-Katanga et le Nord-Kivu.
Selon le BCNUDH, une grande partie de ces violations est attribuée à des agents de l’État, notamment des éléments de la police, de l’administration et de services de sécurité.
Malgré l’existence d’initiatives diplomatiques et d’accords visant à apaiser les tensions entre la RDC et le Rwanda, ainsi que les discussions engagées avec l’Alliance Fleuve Congo / Mouvement du 23 mars, le BCNUDH constate que les combats et leurs conséquences sur les populations civiles se poursuivent sur le terrain.
Diddy Mastaki