Déclarée le 15 mai dernier en République Démocratique du Congo (RDC), l’épidémie de maladie à virus Ebola (souche Bundibugyo) progresse à un rythme jugé alarmant. Face à cette menace grandissante, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l'OMS, tire la sonnette d'alarme et exhorte la communauté internationale à réagir d'urgence.
Lors d'une conférence de presse tenue depuis Genève le jeudi 16 juillet 2026, le directeur général de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) n'a pas caché son inquiétude. Selon lui, cette épidémie se propage « plus rapidement que toutes les épidémies précédentes ».
Pour faire face à cette crise dont l'épicentre se situe dans la province de l'Ituri, l'OMS et les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) ont mis sur pied un Plan continental conjoint de préparation et de riposte.
Cependant, le financement de ce plan est aujourd'hui dans l'impasse : il manque plus de 400 millions de dollars américains sur un budget global estimé à 518 millions de dollars.
« Nous avons besoin de toute urgence du soutien de la communauté internationale. Il nous manque encore plus de 400 millions de dollars dans le cadre du Plan continental conjoint OMS–Africa CDC pour la préparation et la riposte. Nous exhortons les donateurs à combler ce manque et à nous aider à maîtriser cette épidémie au plus vite », a déclaré Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l'OMS
Pour le chef de l'agence onusienne, le message est clair : soutenir financièrement cette lutte ne relève pas de l'aide humanitaire passive, mais d'une nécessité stratégique globale.
« Il ne s'agit pas de charité, mais d'un investissement dans la sécurité nationale », a-t-il martelé.
Lancé en juin 2026, quelques semaines après le début de l'épidémie, ce plan d'urgence est prévu pour une durée de six mois (de juin à novembre 2026). Il repose sur une approche unifiée baptisée « Une seule riposte », qui associe les gouvernements, les communautés et les partenaires techniques et financiers. Ce plan vise à renforcer les capacités des pays africains à travers plusieurs axes essentiels, notamment la coordination des interventions d'urgence, la surveillance épidémiologique, le renforcement des laboratoires, la prévention des infections, l'engagement communautaire et le maintien des services de santé de base.
Deux mois après la déclaration officielle de l'épidémie, la situation sur le terrain présente toutefois des trajectoires radicalement différentes selon les pays.
D'un côté, malgré les risques de contamination, l'Ouganda est parvenu à maîtriser la flambée épidémique sur son territoire et a d'ores et déjà entamé son compte à rebours officiel vers la déclaration de la fin de l'épidémie.
De l'autre, la situation en RDC reste extrêmement préoccupante. Bien que le pays possède une solide expérience en la matière ayant surmonté seize épidémies d'Ebola par le passé, la riposte actuelle se heurte à des obstacles majeurs.
Les opérations sont notamment perturbées par des mouvements de grève des professionnels de santé, qui réclament une meilleure prise en charge de leurs revendications. À cela s'ajoutent des contraintes sécuritaires persistantes dans plusieurs zones affectées, ce qui complique l'accès des équipes de réponse et permet au virus de continuer à gagner du terrain.
Gloiredo Ngise