La situation devient intenable pour les voyageurs sur la route reliant Uvira à Bukavu. Dans un communiqué de presse rendu public le week-end dernier, la plateforme citoyenne « Jeunes Nous Pouvons » (JNP) exprime sa vive indignation face à la détérioration des conditions de circulation sur ce tronçon vital.
Selon ce mouvement citoyen qui regroupe des organisations de jeunes engagées pour la bonne gouvernance, depuis plusieurs semaines, les passagers qui empruntent la route dans les deux sens sont victimes de tracasseries systématiques.
Sur le terrain, des éléments identifiés comme des « Wazalendo » exigeraient le paiement illicite d'au moins 5 000 Francs Congolais par passager.
Du côté des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), censées incarner la protection des citoyens, la situation serait dramatiquement similaire, avec un pic d'exactions signalé au niveau de Luvungi.
Le communiqué rapporte que certaines personnes sont contraintes de passer plus de trois jours bloquées à Luvungi, dans des conditions inhumaines, avant d'être autorisées à poursuivre leur voyage.
À titre illustratif, un passager désemparé a confié à la plateforme avoir été dépouillé de plus de 100 000 FC entre Uvira et Katogota, déclarant avec amertume : « Si la route Kamanyola-Uvira est ouverte, alors il faut laisser les gens circuler librement. Sinon, mieux vaut la fermer plutôt que de rendre davantage la vie difficile à la population ».
Face à cette urgence qui menace la cohésion nationale, « Jeunes Nous Pouvons » formule des recommandations impérieuses :
Au Gouvernement de la RDC :
- Doter de manière régulière, suffisante et transparente les militaires engagés au front en vivres et non-vivres ;
- Mettre en place un mécanisme de suivi et de discipline strict sur le terrain pour s'assurer que les éléments armés respectent leur mission régalienne de protection des biens et des personnes.
- Aux FARDC et aux groupes d'autodéfense (Wazalendo) :
- Cesser immédiatement toute forme de tracasserie envers les passants.
« Nos populations sont déjà lourdement traumatisées, appauvries et stressées par les conséquences désastreuses de la guerre. Les racketter revient à les achever », fustige-t-elle.
- Pour elle « il est stratégiquement impossible pour les forces loyalistes de gagner une guerre sans le soutien indéfectible, la confiance et la collaboration de la population civile. Tracasser et aliéner les citoyens, c'est briser ce lien sacré et, in fine, faire directement le jeu de l'ennemi ».
La plateforme indique qu'elle continuera de suivre cette situation de près et n'hésitera pas à alerter si les droits fondamentaux de la population ne sont pas rapidement restaurés sur cet axe vital.
David Aluta